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La prison fut construite de 1895 à 1898 par l'architecte Henri Poussin. L'architecture mise en place est innovante et fonctionnelle, elle sera connue sous le nom de plan « en pôle téléphonique ». Pour la première fois, les blocs cellulaires sont disposés perpendiculairement à un corridor central, qui dessert les autres blocs et les pièces communes. Elle servira de modèle pendant près d'un siècle à bien d'autres prisons en France comme les Baumettes à Marseille, ou aux États-Unis, comme Riker's Island à New York.

Comme toute prison importante, la prison de Fresnes a son lot de prisonniers célèbres.

Pendant l'Occupation, elle fut utilisée par les Nazis pour emprisonner et torturer résistants et agents des services secrets britanniques. Louis Armand, Marc Sangnier y furent incarcérés et la résistante Bertie Albrecht s'y donna la mort. Après le débarquement de Normandie, la Gestapo exécuta certains des prisonniers, comme Suzanne Spaak, une semaine avant la libération de Paris.

Lors de l'épuration qui suivit la Libération, ce furent cette fois des collaborateurs qui y furent incarcérés comme Jean Hérold-Paquis, Pierre Laval exécuté en octobre 1945 dans les murs mêmes de la prison, l'écrivain Robert Brasillach, emprisonné jusqu'à son exécution en février 1945 et l'industriel Louis Renault, mort dans des circonstances douteuses.

Durant la guerre d'Algérie, Fresnes vit incarcérés à la fois des membres :

* du FLN, les futurs dirigeants de l'Algérie,
* de l'OAS, des généraux et de nombreux militaires de l'armée française dont certains furent condamnés à mort : Claude Piegts et Albert Dovecar, tous deux fusillés dans la forêt de Marly-le-Roi ; Roger Degueldre et Jean Bastien-Thiry (responsable de l'attentat du Petit-Clamart à l'encontre du général de Gaulle), tous deux fusillés au fort d'Ivry ; le général Jouhaud, qui sera gracié.

En 1978, l'administration décida d'y faire entreposer la guillotine, désirant faire de la prison le seul lieu habilité aux exécutions capitales en France. Cependant, la « veuve » y restera muette, les quatre derniers détenus qui ont été transférés à Fresnes en vue de leur éventuelle exécution ayant tous été graciés ou, dans le cas de Patrick Henry, condamné à l'issue de son procès à la réclusion criminelle à perpétuité au lieu de la peine de mort.

Plus récemment, Paul Touvier et Loïk Le Floch-Prigent y ont été également incarcérés.

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:04

suite

Il y a trois principaux types d'établissements pénitentiaires en France (hors établissements de semi-liberté et centres de détention pour étrangers ou pour mineurs) : maisons d'arrêt, centres de détention et maisons centrales, ces deux derniers étant des établissements pour peine, c'est-à-dire des prisons pour personnes condamnées, à la différence des maisons d'arrêt censées n'accueillir que des personnes prévenues (en attente de jugement) et des personnes condamnées à des reliquats de peine inférieurs à un an.


L'organisation actuelle de la maison d'arrêt de Fresnes est complexe. Elle est due, notamment, à son statut très particulier, voire unique, dans le parc carcéral français.


D'abord, Fresnes est le "bastion de la pénitentiaire", une prison qui fonctionne "comme à l'ancienne" et où les évolutions ont peu cours en raison de l'architecture difficilement modifiable (considérée comme patrimoine de la nation) et de la direction sécuritaire de l'établissement. Nombreux sont les personnels de surveillance qui y font un stage ou leurs premiers mois au service de l'Etat. Ce n'est pas un hasard si la Direction Régionale des Services Pénitentiaires de Paris (en charge de la région parisienne et de la région Centre) a son siège sur le domaine pénitentiaire de Fresnes, alors que les sièges institutionnels des services déconcentrés de l'Etat sont quasiment toujours installés dans la capitale. Fresnes a été choisi comme siège de la DRSPP et non Fleury-Mérogis, pourtant la plus grande prison de France, ou la prison de la Santé, pourtant située à Paris.


Ensuite, c'est le second établissement de France par sa taille et le nombre de personnes incarcérées (2 300 hommes et une centaine de femmes en septembre 2007), après Fleury-Mérogis (maison d'arrêt de l'Essonne, la plus grande d'Europe avec environ 6 000 détenus).


Elle est par ailleurs surnommée dans la pénitentiaire "la gare de triage", en raison du grand nombre de détenus en attente d'affectation dans leurs établissements pour peine (principalement en 2ème division : personnes condamnées en attente de transfert dans un C.D. ou une centrale. Les périodes de transfert peuvent courir sur plusieurs années en raison de la surpopulation dans les établissements pour peine).


Enfin, malgré son statut de maison d'arrêt, les détenus qui y sont incarcérés sont dans des situations multiples qui sont loin de se limiter au seul statut de prévenu et que recouvrent, bien que de façon artificielle, les différents lieux d'incarcération.


La politique d'inflation sécuritaire et de "prison compulsive" [1], très marquée en France ces dernières années, est l'une des causes de la surpopulation carcérale et de la détérioration des conditions de vie dans les maisons d'arrêts européennes en général et françaises en particulier (densité carcérale nationale en 2006 : 117 détenus pour 100 places mais 129% dans les seules maisons d'arrêt).


En outre, la fermeture progressive de la M.A. de la Santé (Paris) entraîne une augmentation des détenus transférés, générant un accroissement des tensions en détention en 2006, les détenus de la Santé n'étant pas du tout habitués à la discipline de Fresnes.


Ainsi, la maison d'arrêt de Fresnes est divisée en plusieurs bâtiments, eux-mêmes subdivisés en différents lieux d'incarcération.


* le Grand Quartier (G.Q.) des Hommes ou maison d'arrêt des hommes (M.A.H.) est le bâtiment principal du domaine pénitentiaire.


La maison d'arrêt des hommes est divisée en 3 divisions transversales, elles-mêmes réparties en aile Nord et en aile Sud le long d'un grand couloir central (voir ci-dessous google map). Les divisions sont étanches entre elles afin, notamment, de permettre d'incarcérer les personnes d'une même affaire sans qu'ils aient la possibilité de communiquer entre eux.


Il y avait en 2006 environ 500 à 600 détenus par division selon les périodes. En septembre 2007, environ 2 300 personnes étaient détenues à Fresnes, impliquant une hausse substantielle des effectifs dans chaque division. On peut définir les grandes lignes de la répartition des 3 divisons ainsi, sans que ces catégories soient absolument définies du fait de la multiplicité des statuts des détenus :

- la 1ère division accueille principalement les détenus qui travaillent en ateliers ou en cellule

- la 2ème division accueille principalement les détenus qui viennent du CNO (cf. plus bas) et ceux qui sont en attente de transfert vers d'autres M.A. ou établissements pour peine

- la 3ème division accueille principalement des détenus inscrits au centre scolaire (souvent jeunes) et les détenus étrangers.


On peut ajouter quelques autres lieux qui sont partie intégrante de la détention à la M.A.H. de Fresnes :


- Le Quartier Disciplinaire (Q.D.), plus connu sous le nom de mitard, où sont placés pour un temps déterminé les détenus n'ayant pas respecté le règlement intérieur.

- Le Quartier d'Isolement (Q.I.), destiné aux détenus ayant un statut particulier (pédophiles, cas psychiatriques, ennemis publics, détenus médiatisés...) parfois dits détenus particulièrement surveillés (D.P.S.).

- Les ateliers de travail sont répartis dans les cours de promenade de chacune des divisions. Il est à noter que le travail en atelier est effectué, à Fresnes, pour des entreprises privées (parfois très célèbres) et non pour les besoins de la détention (qui emploie d'autres détenus comme coiffeurs, cuisiniers, bibliothécaires...).

- Le Centre scolaire de 3ème division qui accueille des détenus qui ont repris une activité universitaire par le biais de cours au Centre ou d'études par correspondance.

- Les salles d'ateliers, au minimum deux par divisions, sont généralement deux cellules de 9 m² dont on a brisé le mur de séparation et qui servent aux activités socio-éducatives, culturelles, religieuses.

- Les bibliothèques : une bibliothèque centrale en 1ère division et une bibliothèque annexe dans chaque division gérée par une bibliothécaire employée par le S.P.I.P. (service pénitentiaire d'insertion et de probation).

- La chapelle, située au bout de la détention, autrefois utilisée exclusivement comme lieu de culte et aujourd'hui mise à disposition pour les activités culturelles, les spectacles et les fêtes religieuses. Capacité de 300 places. [2].


* Le Centre National d'Observation ou C.N.O. Situé au-delà de la 1ère division, c'est un établissement unique en France où sont "observés" pendant six semaines des détenus considérés comme difficiles et condamnés le plus souvent à de lourdes peines (reliquat de 5 ans minimum) afin de les orienter vers des établissements pour peines correspondant à leurs profils. Ces longues peines sont ensuite affectées, en attente de transfert, en 2ème Division où ils peuvent rester deux ans en attente et dont l'effectif total peut être de 100 détenus.

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:06

Les unités de vie familiale



Les unités de vie familiale sont des espaces destinés aux détenus condamnés à de longues peines et ne bénéficiant pas de permissions de sortie. Ils sont créés dans l'enceinte pénitentiaire, sans surveillance à l'intérieur même de ces espaces, ils permettent à la famille dont l'un des membres est incarcéré de vivre pendant un certain temps, toutes les dimensions de la vie familiale.

Dans son rapport, Alvaro Gil-Robles, Commissaire aux Droits de l'Homme au Conseil de l'Europe, fait le constat suivant : «Je voudrais attirer l'attention des autorités françaises sur le retard pris par la France quant à la mise en œuvre des unités de vie. (...) Ce mode spécifique d'organisation des visites qui permet aux conjoints et aux enfants de préserver leur vie privée malgré l'emprisonnement de l'un d'eux est très important et se généralise dans la plupart des Etats membres du Conseil de l'Europe. Il s'agit, à mon avis, d'un très bon moyen de sauvegarder les familles, d'éviter leur éclatement et de favoriser la réinsertion du prisonnier qui sera convaincu d'être attendu. (...) J'ai été informé qu'à l'heure actuelle, il n'existait en France que 2 ou 3 unités de vie familiale à titre expérimental. Dès lors, j'appelle les autorités à combler ce retard et faire des avancées considérables dans ce domaine très important favorisant le respect de la dignité humaine et la réinsertion».

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:11

adresse utile

adresse utile
Adresse postale

Maison d'arrêt
1, allée des Thuyas
94 261 Fresnes Cedex
Téléphone

Standard : 01 49 84 38 00
Parloirs : 01.49.84.39.99 du lundi au vendredi de 8h30 à 11h30 et de 13h30 à 16h00
Accueil des familles en attente de parloir

L'association "ADFA" accueille les familles les jours de parloirs dans un local situé sur le domaine pénitentiaire. Tél : 01.49.73.93.52
Parloirs avocats

Maison d'arrêt des hommes
1 division : 01.49.84.38.00 poste 3101 ou 3143
2 division : 01.49.84.38.00 poste 3241 ou 3243
3 division : 01.49.84.38.00 poste 3301 ou 3343

Maison d'arrêt des femmes : 01.49.84.38.00 poste 3801 ou 3714

Pour tous:

* du lundi au vendredi de 8h à 11h30 et de 14h à 17h30
* le samedi de 8h à 11h30 et de 14h à 16h30

Direction interrégionale :

Paris
Autorités de rattachement

L'établissement est situé dans le ressort de la cour d'appel de Paris et du tribunal de grande instance (TGI) de Créteil.
Accès

L'établissement est situé à proximité de la gare SNCF.
De Paris, prendre le RER B direction Robinson jusqu'à Arcueil-Cachan puis le bus n° 187 direction Charcot-Zola et descendre à la station "Marc Sangnier".
Capacité d'accueil :

1 651 places.
Catégorie

* quartiers maison d'arrêt hommes majeurs,
* quartiers maison d'arrêt femmes,
* centre national d'orientation.

Travail
Activités Effectif employé Surfaces d'atelier

Façonnage, conditionnements

Montages, assemblages, petits usinages
220 1 200 m²
Service général* 243

* Service général : emplois occupés par des détenus dans les établissements au service de la maintenance, de la restauration et de l'hôtellerie.
Formation professionnelle
Formation Places Diplômes Durée en mois
coiffure (femmes) 8 préqualif. 4
préparation à la formation 40 - 4,5
agent qualifié de service 20 préqualif. 3
électricité 20 préqualif. 3
informatique 60 attestation
lutte contre l'illettrisme 30 -
Service pénitentiaire d'insertion et de probation (SPIP) de rattachement :

SPIP du Val-de-Marne
Immeuble Le Central
6, rue Albert Einstein
94 000 Créteil
Tél : 01.41.78.58.00

Centre national d'observation : tous les condamnés dont le reliquat de peine est égal ou supérieur à plus de 10 ans doivent faire l'objet d'une période d'observation au Centre national d'observation (CNO) de Fresnes, ceci pour prendre le temps d'étudier la situation du détenu et de l'affecter dans l'établissement correspondant le mieux à son profil.
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# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:16

petition

Pétition : trois visites par semaine pour tous les détenus !!



PETITION DES FAMILLES ET PROCHES DES PRISONNIERS CONDAMNES ET DETENUS A LA MAISON D'ARRET DE FRESNES

TROIS VISITES PAR SEMAINE POUR TOUS LES DETENUS !!!

A la maison d'arrêt de Fresnes, les prisonniers condamnés n'ont la possibilité de n'avoir qu'une seule visite de trois quarts d'heure par semaine.

Les familles et proches protestent contre cette mesure toute particulière à cet établissement, et demandent que trois visites hebdomadaires soient autorisées.

Pourquoi ?

- Parce que le rythme des visites pour les prévenus (les prisonniers non encore jugés) est de trois par semaine. Il est donc tout à fait possible d'étendre cette possibilité à l'ensemble de la détention.

- Parce que dans les autres maisons d'arrêt de la région parisienne, il n'y a pas de distinction entre prévenus et condamnés et que tout le monde bénéficie du rythme de trois parloirs par semaine.

- Parce que le décret qui précise le rythme des parloirs pour les prisonniers condamnés s'applique en fait aux conditions de détention des centres de détention et des maisons centrales : dans ces prisons les parloirs peuvent durer une demi-journée, voire une journée entière selon les établissements.

C'est pourquoi, nous, familles et proches de détenus condamnés demandons à que soit appliqué ce même traitement pour tous les prisonniers de Fresnes : les détenus condamnés en attente de transfert y séjournent souvent plusieurs trimestres, voire plusieurs années, et du coup subissent non seulement les conditions de détention plus difficiles que celles appliquées dans les établissements pour longue-peine, mais se trouvent de plus séparés de leurs familles.

Nous demandons à la direction de la maison d'arrêt de Fresnes de bien vouloir modifier le rythme actuel des parloirs pour condamnés et de l'uniformiser avec les autres maisons d'arrêt, centres de détention, maisons centrales.

NOM
ADRESSE
SIGNATURE

Pétition des familles de prisonniers à faire circuler et signer et renvoyer : c/o "envoleeradio@yahoo.fr" ou l'Envolée 63 rue du Préfet Erignac 93100 Montreuil

# Posté le mercredi 31 octobre 2007 17:22